Karité, l’amande aux mille vertues
Par Portoodjo le 18 mai 2008 dans Beurres végétaux, Localisation, Nature-Elle, Un peu partout en Afrique !
- Un peu d’histoire.
Les premières traces du karité en Europe, remontent au 18ème siècle. C’est l’explorateur écossais Mungo Park qui fera figure d’outsider en le mentionnant de manière inédite dans son ouvrage “Travels in the interior district of Africa”. Il y décrit entre “quelques esclaves et des marchandises portées pour les blancs”, le précieux baume ou “shetoulou” entendez par là beurre d’arbre ; apporté sur les côtes par les commerçants. Pour le côté oriental, la reine “Néfertiti” elle même aurait été une fervente utilisatrice. L’Egypte ancienne y aurait eu recours principalement pour la construction de statues.
- Présentation
Le continent africain seul peut se targuer de détenir en son sein le Butyrospermum Parkii, nom botanique d’origine latine où butyro signifie beurre et spermum, semence. Quant à parkii il fait bien entendu référence à Mungo Park honoré pour le coup d’avoir fait pareille découverte.
Le karité ou Vitellaria Paradoxa est un arbre dont la taille varie de 10 à 15 mètres, poussant à l’état sauvage et dont la durée de vie oscille entre 200 et 300 ans.
Sa zone de production ou “ceinture de karité” pour les commerçants s’étale sur plusieurs pays (Nigeria, Mali, Guinée, Togo, ouganda, etc…) en Afrique de l’ouest.
Le fruit de karité, rapelle l’avocat par sa forme et par sa couleur allant du vert au marron. C’est à l’intérieur de celui-ci que l’on trouvera la précieuse amande contenant de la matière grasse pour l’équivalent de la moitié de son poids. Sa récolte est traditionellent réservé aux femmes et se déroule de juin à septembre.
- Fabrication.
Plusieurs procédés de fabrication coéxistent encore aujourd’hui à mi-chemin entre artisanat et industrie. La fabrication traditionnelle n’a quasiment pas subit de modification depuis les temps immémoriaux où elle est pratiquée. Les amandes récoltées sont pilées au point d’être réduites en purée, puis elles sont immergées dans l’eau bouillante. Après refroidissement la matière graisseusse remontant à la surface, elle est récoltée et travaillée à la main jusqu’à obtention du fameux beurre dont la teinte varie du beige au jaunâtre.
- Utilisation commerciale.
La “filière” du karité offre deux principales débouchées. La plus importante actuellement est le secteur agro-alimentaire où il est utilisé essentiellement comme substitut du beurre de cacao. Une autre alternative se profile à l’horizon sur fond de préoccupation environementale. L’industrie cosmétique offre d’alléchantes perspectives et fait une cour allant crescendo à notre amande endimanchée.
- Composition.
Sa composition riche en vitamine A, D, E, F et en insaponifiables confère au karité mille bienfaits pour l’épiderme de toute la famille.
La vitamine A, aide à la cicatrisation de la peau, active son renouvellement cellulaire pour une action anti-âge. La peau est lisse, plus élastique et protegées contre le déssechement.
La vitamine D favorise l’absorption et la rétention du calcium et lui donne ainsi un effet calmant.
La vitamine E ou anti-âge reconnu protège de l’action néfaste des radicaux libres, premiers responsables au banc des accusés du vieillissement cutané en raison de leur rôle destructeur de l’ADN de nos cellules.
La vitamine F autrement connue sous le nom d’acides gras essentiels, par son hydratation des couches superficielles de l’épiderme, constitue un véritable barrage empêchant l’eau des cellules de s’évaporer et régénère la membrane cellulaire endommagée par les radicaux libres.
Quant aux insaponifiables, ils ont une action anti-inflamatoire et décongestionante.
- Vertues
L’image populaire de la mère enduisant son nouveau né de karité est typique de notre beau continent ; ceci non par manque cruel de “crème nivéa” mais pour son action hydratante et préventive contre les irritations. Ses vertues hydratantes et adoucissantes ne sont plus à démontrer. Qui dit hydratation dit bien sûr élasticité, tonus et embellissement facteurs aidant à l’atténuation des méfaits du temps ainsi qu’à leur prévention. Il est conséquement indiqué contre les vergetures. Parturientes réjouissez vous !
Le beurre de karité protège également son utilisateur des diverses agressions extérieures comme le soleil grâce à la présence d’acides cinamique, le vent ou le froid excessif.
En plus de son action cicatrisante et régénérante, il assure en massage sur les muscles souplesse et relaxation. Son utilisation ne se limite pas uniquement à la peau… expérimentez un masque au beurre de karité avant votre shampoing vous m’en direz des nouvelles !
Pour des idées de recettes naturellement corporelles rendez-vous dans notre rubrique “recettes naturelles”.
- Le saviez vous ?
Si l’industrie alimentaire est l’un des marchés essentiels de la noix de karité, elle commence également à surfer sur la nouvelle vague verte qui inonde depuis quelques années déjà le marché cosmétique. Multipliant le revenu de ses “cultivatrices” et autres “productrices” par le biais des coopératives, il est une véritable aubaine pour une population qui subit de plein fouet la crise économique. Mis au gout du jour par les sociétés occidentales qui vantent ses vertues et détaillent sa composition, il tombe progressivement en désuétude chez les jeunes africains “des capitales” où son utilisation est souvent réduite à l’usage “médicinal”.
En ces temps de mondialisation mercantile, la jeunesse africaine est la première victime d’une image troquée de la modernité où pour être “tendance” il faut faire occidental. Résutlat des courses: seuls les nouveaux-né et le troisième âge peuvent utilser le précieux baume sans être raillée par une jeunesse en cruel manque d’identité… qui trouve “in” de se tartiner de crème en provenance d’Europe voire mieux des Etats-Unis. Car figurez vous que le beurre de karité en plus de son odeur “désagréable” est “trop bon marché” et donc dépourvu de “l’attrait “outre-atlantique tant convoité !
Espérons qu’un bon vent en provenance “d’outre-mer” réconciliera cette jeunesse avec elle même. Seul point regretable: pourquoi toujours passer par “ces autres” pour se sentir exister ?
Tags : Produits naturels


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