Hoodia Goordoni, la plante sans faim.
Par Portoodjo le 20 oct 2008 dans Localisation, Nature-Elle, Plantes, en Afrique du Sud
Lorsque l’on vous dit Bushmen à quoi pensez-vous ? “Les dieux sont tombés sur la tête” répondrez -vous peut être… Il semble cependant que cette minorité ethnique et plus particulièrement la tribu des San ait un nouveau rôle à jouer loin des plateaux hollywoodiens. L’industrie pharmaceutique joue le vautour et lorgne sur un “cactus” au nom aussi étrange que le titre d’une vieille légende indienne : entrons un peu plus en matière sur la piste du Hoodia Goordoni…
- Un peu d’histoire.
L’utilisation du Hoodia remonte à des temps immémoriaux. Le Hoodia pousse sauvagement en Afrique du Sud où le peuple nomade des San le cultive et profite de ses bienfaits depuis des générations. Sa découverte officielle remonterait aux années 60 où des soldats rangers recrutés dans l’armée sud-africaine vantèrent pour la première fois ses vertues coupe-faim et énergisantes. En effet cette tribu située majoritairement dans le nord ouest du Kalahari l’emploi traditionnellement pour résister à la faim tiraillante les saisissant lors de longues expéditions dans le désert à la recherche de gibier. La coutume exigeant que le butin ne soit partagé qu’au retour des chasseurs, la consommation du Hoodia s’avère fort utile car permettant de rester en état de quasi jeûne pratiquement sans manger et sans boire pendant une durée de 3 ou 4 jours sans perte de vitalité. Le principe laisse quelque peu sceptique et rappelle le slogan : “plus blanc que blanc”, voyons plus loin.
- Présentation.
Plante sauvage de la famille des succulentes à l’apparence de cactus, le Hoodia Goordoni ou encore Hoodia Gordonii, baptisé Xhoba par les San peut atteindre jusqu’à 2m de haut. Il est parfaitement adapté aux terres les plus arides et est en majeur partie concentré dans la zone de la province du Cap nord.
- Composition.
Il est important, afin de mieux comprendre l’action du Hoodia de se remettre en mémoire quelques basiques “biologiques”. L’action “bluffante” du Hoodia est directement liée au mécanisme de la faim. L’hypothalamus, partie du cerveau chargée du contrôle de l’appétit, reçoit des messages des cellules dont le taux de glucose régule l’activité. Lorsque le taux de glucose est au plus bas, ou à l’inverse suffisant, un signal est envoyé au cerveau, en résulte une sensation de faim ou de satiété. Le principe actif du composant chimique P 57 contenu dans le xhoba lors de sa consommation, dupe l’organisme en lui faisant croire qu’il vient de manger et cela sans diminuer sa vitalité pour zéro calorie consommée. Qui dit mieux ? Son action étant estimée 10 000 fois plus forte que le glucose, il n’est pas nécessaire d’avaler la plante entière pour profiter de ses bienfaits. Vous laisseriez-vous tenter par l’aventure sud-africaine pour vérifier le dire selon lequel une seule goutte du cactus annulerai la faim et la soif pour de nombreuses heures ? Il vous faudra cependant vous armer de courage car ce fameux breuvage est d’une amertume prononcée.
- Vertues.
De nombreuses études et recherches menées depuis plus de dix ans ont démontré l’efficacité du Hoodia en cas d’obésité ou de surcharge pondérale. La plante considérée en Afrique du Sud comme un aliment, fait excluant de facto toute dangerosité, entraîne une perte progressive de l’appétit ainsi qu’une diminution du niveau de sucre dans le sang. Son utilisation doit cependant se faire dans le cadre d’un rééquilibrage alimentaire, les régimes drastiques et autres sauts de repas sont conséquemment à bannir. Femmes enceintes ou allaitant, il vous faudra attendre la fin de votre mise au vert avant de pouvoir l’utiliser, quant aux “folles des régimes” évitez de mélanger trop de produits dans votre chaudron, bannissez les milkshakes de coupes-faim, diurétiques et consort… l’effet risquerait d’être dévastateur.
Astuce du chef : achetez-le pur (100 % extrait sec purifié de Hoodia Gordooni) et méfiez vous de l’abondance de l’offre qui n’est pas forcément qualitative.
- Le saviez vous ?
Le CSIR, un institut de recherche sud-africain ayant déposé un brevet protégeant le principe actif du P57 céda rapidement sa licence d’exploitation au britannique Phytopharm avant de passer la main au géant pharmaceutique Pfizer qui avait pour objectif de travailler à la mise au point d’un produit amaigrissant.
Ces “entreprises” nordiques de surcroît ont senti venir l’aubaine en prenant conscience de l’énorme potentiel marketing du Hoodia. Le mécanisme de biopiraterie en marche, notre pauvre petit chaperon rouge n’a été informé que par la presse de l’exploitation faite du Xhoba qu’ils cultivent et ont contribué à faire connaître. La minorité des San ne représentant qu’une vingtaine de milliers d’âmes, vivant dans la misère avec un revenu rarement supérieur à 11$ par mois, ont trouvé leur défenseur en la personne de l’avocat Rogers Chennelles désigné pour porter leur cause devant les tribunaux. Avec un marché potentiel de plusieurs milliards de dollars dont le CSIR devrait toucher de confortables royalties, il est difficile de croire les déclarations d’un de leur représentant de laboratoire selon lesquelles il pensait que la tribu des San avait été exterminée… quoi de plus pitoyable que ce pillage constamment unilatéral à peine voilé par un semblant d’excuse dont le degré d’amateurisme a valeur d’insulte. L’Afrique du Sud étant le 3ème pays au monde dont la diversité est la plus riche, ceci ajouté au fait que le CSIR investit massivement sur l’étude de plus de 20 000 espèces végétales pour l’utilisation pharmaceutique, reste a parier que les biopirates ne sont pas près de se détacher de leur parachute doré. Espérons que les San eux, pourront concurrencer d’autres tribus, ayant par exemple tiré parti d’important gisement de platine. La course aux paillettes reste ouverte.


Bonjour,
Où trouver ce produit à Paris ?
Cordialement.
Ifriqya | 13 jan 2009 | Répondre
bonjour j’ai fait un infarctus l’année derniere et je voudrais savoir si le hoodia est dangereux pour moi merci de me répondre car c’est trés important pour moi.
chuky34 | 20 avr 2009 | Répondre