Tchad : pas de tapis rouge pour l’ONU !
Par Nampé le 11 juin 2008 dans Afrique Centrale, Entre les lignes, Tchad
Une bonne nouvelle au Tchad pour l’indépendance du continent africain ; une grave erreur diplomatique nous dirons les supporters du Super Occident. Idriss Deby, président de la République du Tchad “esquive” une visite d’une délégation de l’ONU. Malgré que les onusiens soient reçus par le premier ministre Youssouf Saleh Abbas, cette petite brindille en travers des gorges occidentales laisse un petit goût amer. C’est tellement choquant d’être le représentant de la Loi mondiale et se faire refuser l’entrée par des gens censés acquiescer à la moindre demande !
En visite dans le cadre du conflit tchado-soudanais nos petits VRP de l’ONU s’attendaient très certainement à être reçu en grandes pompes comme à l’accoutumée. Mais voilà, la réalité fût tout autre en arrivant à Ndjamena, le président Deby est donné absent, plus tard on expliquera qu’il est fatigué après “un voyage secret en Libye”.
Peut importe les excuses énoncées, les faits sont là. La délégation des 15 pays membres du Conseil de sécurité outrée par l’arrogance du président tchadien lâche des menaces à peine dissimulées par l’intermédiaire de la presse : “En faisant cela et dans la situation dans laquelle il se trouve, il prend des risques” à l’égard de sa relation avec la communauté internationale, nous rapporte l’AFP. De viles menaces venant d’hommes frustrés, ils s’exclamaient auparavant que “c’est la première fois qu’un président ne reçoit pas la délégation”. Ce que l’on ressent vraiment au travers de ce type de déclaration ce que nul n’a le droit de refuser l’accès aux gendarmes occidentaux sans être immédiatement pris pour cible.
La crise tchado-soudanaise et la récente tentative de coup d’état apporte sa contribution à une pression nationale et régionale palpable. Une porte ouverte pour l’ONU à imposer son “point de vue” - généralement non négociable - de sortie de crise, quitte à sanctionner à coup d’une de leurs fameuses résolutions le “fauteur de trouble”. Idriss Deby frappe donc par surprise, lui dont on accusait la France et cette même ONU de l’avoir protégé contre les putschistes au début du mois de février, boude la visite et signe cette soi-disant première mondiale.
Le président tchadien est certes coutumier de ce genre de faits, mais force est de constater que nos vacanciers onusiens n’ont lâché de mots que ce qui semblent une fois de plus refléter cette bonne vieille influence occidentale forcée digne de la plus belle époque françafricaine : “Puisque tu n’es pas d’accord nous allons te faire goûter le fouet !”.
Idriss Deby n’est vraisemblablement pas tout blanc, sans mauvais jeu de mot gaullois, mais l’ONU et autres consorts européens reste très certainement les plus grands acteurs-réalisateurs des conflits africains modernes peu importe les noms qu’ils s’y donnent, EUFOR, MONUC ou autre Opération Licorne - au passage je soulignerai ce beau nom d’animal imaginaire pour une opération tout autant imaginaire - donc qui a les mains les plus sales ? Tant de prétention de la part d’une bande de brigands de cette espèce n’est que trop bien alignée avec leurs actes quotidiens, outranciers et moqueurs. Que ses homologues africains fassent de même : n’ouvrez pas la porte !
Tags : Françafrique, Idriss Deby, ONU, Soudan, Tchad


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