Somalie : échecs et promesses d’échecs

Le retrait des troupes éthiopiennes et le programme anti-piraterie européen sont un signe de la faiblesse des occidentaux à régler les problèmes qu’ils ont semé.

Addis Abeba a compris qu’il ne servait à rien d’insister tandis que les belges n’arrivent pas à persuader une Europe sceptique face au problème des pirates de la corne de l’Afrique. Que va devenir la Somalie ? L’ONU qui ne cesse de faire pression sur les acteurs de la région pour rester sur place voudra certainement un envoi de troupes pour remplacer les éthiopiens, peut importe la nationalité, il s’agit avant tout de ne pas laisser les “islamistes” prendre le pouvoir.

Tout le monde sait que les forces du Gouvernement de Transition ne tiendront pas le choc sans renfort face à l’Union des Tribunaux Islamiques (UTI), on devrait donc bientôt voir une implication étasunienne à visage découvert, et découvrir d’ailleurs qui est le vrai monsieur Obama. Ainsi, on verra une évolution de la situation très étonnante, à savoir que les américains ne souhaiteront pas débarquer des troupes, dû au souvenir amer de la fessée somalienne, mais accentueront sans doute des frappes depuis leurs positions navales. Rien de très efficace en somme.

L’ONU osera-t-elle envoyer des casques bleus ? Probablement pas, dû au souvenir amer de la même fessée somalienne… Ceci dit l’Éthiopie et tous les opposants occidentaux se renvoient la balle et tentent de se pousser mutuellement à l’assaut, voir pousser la perpétuelle victime qu’est l’Union Africaine, celle qu’on envoie pour balayer les rues après le pillage.

Des éthiopiens qui cherchent même à connecter le problème de la piraterie de la corne de l’Afrique, le bourbier somalien et son “soucis” érythréen. Addis Abeba, dans une accusation maladroite visant à incriminer son ennemi d’Asmara, explique ainsi que les pirates qui gangrènent le golfe d’Aden sont le fruit du financement (présumé) de l’UTI par le régime d’Issayas Afeworki. Aussi, les rançons des navires détournés seraient reversées aux “terroristes”, nous avons déjà vu que faire un lien entre ces deux milieux est évidement inconcevable. Ce discours ressemble plutôt à une dictée étasunienne visant à légitimer des déclarations mensongères à venir. Des accusations qui rappellent les armes de destruction massive de l’Iraq. C’est donc l’étiquette de “Guerre au Terrorisme” qui pourra s’appliquer au problème somalien et à la piraterie, on pourra donc étendre le plan “Vigipirate” sur le sol des somalis.

Mais comment convaincre ? Alors que les européens semblaient motivés pour foudroyer les pirates avec une flotte puissante, c’est quatre petits bateaux qui sont envoyés sur place, pour finir avec une flottille de sept navires, c’est donc ça le projet Atalante ?! Il se trouve qu’en fait personne ne souhaite se mouiller pour diriger cette conquête de l’océan Indien, terrorisé par l’échec évident qui en découlera. Tout laisse présager que les vainqueurs des boucaniers seront ceux qui les ont vaincus auparavant, l’UTI et personne d’autre. Il en est de même pour l’intérieur des terres, personne n’a stabilisé le pays en dehors de l’UTI, surtout pas le Gouvernement Transitoire ou les chefs de guerre, encore moins des forces étrangères.

Tags : , , , , , , ,

1 Commentaire(s)

  1. proner l’UTI comme solution aux problèmes somaliens ! C’est me semble-t-il faire peu de cas des somaliens eux-mêmes.

    aletheros | 2 juil 2009 | Répondre

Commenter cet article