RDC - Centrafrique : MONUC, esprit colonial persistant
Par Nampé le 11 sept 2008 dans Afrique Centrale, Centrafrique, Entre les lignes, Panafrique, R.D.C
Didier Bourguet comparaît ces jours-ci à Paris pour viols sur mineures en Centrafrique et République Démocratique du Congo. Ce “missionnaire” mécanicien pour l’ONU aurait profité pleinement de son statut à la MONUC pour satisfaire ses désirs. Retour sur les faits et analyse d’un Trouble Obsessionnel Colonial.
La MONUC, noble bras de l’Organisation des Nations Unis créée fin novembre 1999 à la suite de la résolution 1279, fait décidément parler d’elle depuis 4 ans en enchaînant les scandales sexuels. Le procès de M. Bourguet nous dévoile le quadragénaire français type, bien payé pour un “boulot” de mécano au service de l’ONU en Afrique Centrale. Voilà le prototype parfait du colon moderne qui peut satisfaire n’importe quel désir dans un pays où ses 2600 $ de salaire mensuel représente une fortune inaccessible à la population locale. Rien de mal bien sûr à être bien payé et en profiter, mais lorsqu’une telle fortune tombe sur un individu mal intentionné ou malade mentalement c’est une utilisation bien sordide qui peut en découler.
Il est certes de triste coutume que le militaire (français) soit un grand consommateur de prostituées lorsqu’il est en mission à l’étranger. Allez demander par exemple aux djiboutiens à quel passe-temps s’adonnent les militaires du brillant pays des droits de l’homme en poste dans ce petit pays de la corne de l’Afrique et vous verez que c’est un fait qui relève du plus banal quotidien : Boîte de nuit, alcool (drogue), filles. Une image qui colle à l’uniforme depuis la nuit des temps.
Là-bas l’homme blanc à ce qu’il veut
Outre l’affaire de ce pauvre dégénéré sexuel qu’est Didier, démasqué en 2004 et dont les preuves numériques accablantes devraient signer son incarcération (photos et vidéos de ses ébats avec plus d’une vingtaine de congolaises mineures), c’est cette phrase lumineuse qu’il a lancé lors de son procès qui nous interpelle : “Là-bas l’esprit colonial persiste, l’homme blanc à ce qu’il veut”. Une déclaration qui frappe par sa véracité.
Certes s’il y a bien un continent qui permet au rebut de devenir roi, c’est l’Afrique. Le petit salaire d’Europe devient une paie de ministre et le petit moins-que-rien se mue alors en flambeur au rythme de vie effreiné. Ainsi le petit mécanicien de France s’est offert ce dont il n’osait même pas rêver auparavant : des centaines d’esclaves sexuels pour une poignée d’euros par tête, assouvissant tous ses fantasmes les plus vils. Le dominateur se réveille alors tout naturellement, comme on le voit dans nombre de pays d’Afrique noire où les expatriés abondent, ravis d’assouvir leur besoin avec une jolie négresse dont il se débarrasseront au plus vite après.
C’est l’idéologie type du colon d’antan qui venait parquer les “animaux africains” dans des cages avant de les expédier de l’autre côté de l’océan. Ces esclaves subissant les horreurs sexuelles des “civilisés” des deux côtés de l’Atlantique. On achète, on viol, on revend. Le colon, le maître, fait se qu’il veut et à droit de vie ou de mort sur son souffre douleur. Même si l’apparence semble avoir changé le fond est le même. Cet esprit dominant-dominé est toujours ancré dans les esprits et c’est à ça que notre soldat de la paix faisait allusion dans sa déclaration. Les petits noirs sont à nos services, quels qu’ils soient, et l’euro est notre fusil. Aujourd’hui pour 10 ou 20 euros les jeunes filles perdues du continent s’adonneront aisément à vos bassesses les plus folles.
Après 200 ans d’esclavage et autant de pillages des ressources naturelles de tous les pays, le maître blanc est toujours actif et figé comme tel dans les mémoires du peuple africain, ce que l’on peut remarquer dans les rues des capitales du continent noir, passant dans sa belle voiture choisissant sa petite servante du soir. Personne ou presque ne s’y refusera, l’avilissement total.
Nos bons secouristes des ONG sont-ils venus aider l’Afrique ou se payer une vie de rêve ? Les (ex)colonies sont des terres ou le vol, l’arrogance et le viol sont ouvert à l’étranger qui a de quoi monnayer. Ainsi, le toubab débarque tel le conquérant et plante son drapeau dans le sol de son choix, peut importe ce qu’en pense les autorités locales, qui d’ailleurs ne diront jamais rien. De la sorte, on découvre des soldats de tous poils et toutes espèces, coiffés de casques bleus, s’appropriant les délices des pays qu’ils viennent piétiner sous couvert d’une mission pacifique. Cela nous amène à nous demander à quoi sert ces d’énormes déplacements de “forces de maintient de la paix” dans des pays aux populations choquées par les horreurs de la guerre. Ils n’apportent rien d’autre que corruption et douleurs supplémentaires : 140 allégations de crimes sexuels sur mineur(e)s et trafic d’arme pour ne citer que la mission de RDC, nous passerons sur leurs admirables performances en Erythrée, Burundi, Soudan, Libéria et plus récemment en Côte d’Ivoire.
Purs descendants des colons par leur sauvagerie, rien ne change, on attend toujours ces fameux bienfaits qu’ont apporté ces générations de conquistadors, nous n’avons vu que des porcs et des singes.
Tags : Colonialisme, ONU


Tout ce que je lis dans ces textes est la triste vérité. Mes passages en divers pays africains m’ont révélé ces comportements déviants que facilitent l’argent et le sentiment d’impunité.
Il est cependant dommage, mais il faut le noter et ne pas se voiler la face, que les contingents de soldats africains qui interviennent eux aussi dans le cadre de l’ONU ou de l’UA aient les mêmes comportements. Qui donc pourra donner une leçon à un autre ? Regardons lucidement la poutre que nous avons dans l’oeil avant de dénoncer la paille dans l’oeil du voisin.
aletheros | 2 juil 2009 | Répondre