Mauritanie : visite stratégique d’une délégation française

Alors que l’ultimatum européen s’est achevé le 20 novembre, une délégation française s’est rendue à Nouakchott afin de s’entretenir avec l’ancien président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi,  ainsi qu’avec le Président du Haut Conseil d’Etat le général Mohamed Ould Abdel Aziz et le leader de l’opposition Ahmed Ould Daddah.

Deux représentants de Nicolas Sarkozy et du Ministère des Affaires Etrangères on été reçus durant deux heures par le Président destitué lors du coup d’Etat le 6 août dernier. L’Europe et la France qui réclame le rétablissement de l’ancien gouvernement, cherchent à rétablir leur démocratie et faire barrage aux putschs qui laminent le continent africain, nous dirons plutôt qu’elles cherchent le moyen de protéger leurs intérêts dans le pays, sans grande vigueur d’ailleurs, peut-être conscientes que les jeux sont faits.

Comme nous l’avons expliqué auparavant, la douceur du putsch a séduit plus d’un Mauritanien et, par ce soutient populaire, a assis le Général Abdel Aziz au pouvoir. Mais, étant donné les enjeux du secteur pétrolier, la Françafrique n’a pas dit son dernier mot et tient à tenter le tout pour le tout, le bras de fer n’est pas fini et le jeune gouvernement du Général devra tenir bon pour ne pas céder car combien sont tombés devant le machiavélisme européen ?

La petite délégation à fait un tour des différents partis afin de prendre la température, discourir sur le sujet et montrer son appuie aux opposants. Il s’agit d’intimider les tenants du pouvoir pour soi-disant “rétablir l’ordre constitutionnel”  en rendant sa place au président Abdallahi “démocratiquement élu”, ce qui est un pur prétexte bien sûr.

Premièrement, nul président n’est élu au suffrage en Afrique (ainsi qu’en occident d’ailleurs), deuxièmement, lorsque l’on demande à M. Bernard Kouchner si ce retour à l’ordre constitutionnel veut dire le rétablissement de l’ancien président, il répond acrobatiquement : ” Nous demandons la libération du président démocratiquement élu et nous demandons le retour à l’ordre constitutionnel. Les modalités de retour à cet ordre constitutionnel peuvent être fixées par les différentes hypothèses que laisse ouverte la Constitution”. C’est-à-dire qu’il importe peu à la France le retour du président déchu à son poste pourvu que leurs conditions seront respectées par la junte au pouvoir, en somme, signer le pacte dicté par la sempiternelle Françafrique.

Le risque majeur donc pour la junte est de voir un soutient militaire français aux opposants lors d’une révolte “téléguidée” depuis l’Elysée, ça ne serait pas une première bien entendu, d’autant plus qu’une délégation de l’opposition est déjà en France pour se faire entendre, voir,  se préparer à “toute éventualité”.

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